Vers la fin de l'année scolaire, j'avais fait la rencontre d'une certaine demoiselle. Disons par exemple que cette fille se prénomme Margot, qu'elle rentre dans la catégorique "filles susceptible de me faire craquer", mais que ça n'a jamais été simple et pour plusieurs raisons. Déjà la première est le fait que je ne lui ai jamais adressé la parole, vous conviendrez aisément que c'est un sacré problème, vous savez, c'est un peu le genre de fille que tu vois passer dans le bahut et que tes yeux ne lâchent pas tandis que toi t'es toujours dans ton coin, sans bouger. Vous aussi vous connaissez ça, non ? Ensuite il y a le fait que je sois plutôt compliqué et jamais sûr de ce que je veux, surtout en amour. Et oui c'est moi Mathieu, l'évasif toujours un peu perdu, Mathieu le naïf toujours un peu tordu, la tête dans les étoiles et l'esprit un peu trop poussé à la réflexion. Et c'est ainsi que j'en suis venu à l'idée d'en parler à quelques ami(e)s. Alors qu'à l'accoutumée on avait l'habitude de lire en moi comme dans un annuaire à fermeture éclair, j'avais décidé de livrer ce que je ressentais. Elles m'ont donc toutes répondu , d'un commun accord ou non, qu'à leur humble avis j'étais amoureux d'elle jusqu'au yeux et que ça se sentait à 10 km à la ronde, mais je les ai jamais cru. D'ailleurs comment aurais-je pu les croire ? Moi, amoureux ? Vous y croyez vous ? Cela semblait pour moi aussi possible qu'un taux de réussite à 100% au bac de cette année et dans tous le pays. Mais revenons-en à mes ami(e)s, j'en avais une qui, notamment, la connaissait un peu, et pouvait pour ainsi dire obtenir son numéro d'une manière certes fourbesque mais efficace. Je n'ai jamais voulu, martelant que ce n'était qu'un flirt, que le soleil avait simplement dû frapper un peu trop fort ce jour-là et rien de plus. Du coup l'année c'est fini comme ça, elle essayant tant bien que mal à me convaincre d'accepter, et moi qui refusait constamment. Puis les examens sont arrivés, je me suis concentré (exclusivement) à les réussir, et l'avais quasiment sortie de ma tête. Jusqu'à ce soir du moins, où je suis tombé sur elle par hasard. Peut-être que la vérité m'avait ainsi sauté aux yeux, c'est en tout cas ce que, depuis plus d'une heure, me tue à m'avouer, disant qu'en l'ayant laissé partir avec son sourire et ses valises c'était probablement mon bonheur qu'elle avait mis à l'intérieur. Mais pourquoi vous raconte-je tout cela ? Allez savoir. Oui, c'est clair, my sick brain is leaving my hand.

